L’intelligence économique comme piste d’amélioration de la compétitivité pour les organisations de taille moyenne

le 30/09/2018

Une problématique établie

Beaucoup d’organisations de taille moyenne ne sont pas structurées pour pouvoir appliquer une stratégie d’ensemble. Elles n’ont pas en main les éléments d’une autonomie suffisante et demeurent donc fragiles face aux événements imprévus et à l’adversité. La représentation qu’elles ont de leur environnement est le plus souvent le fruit d’une culture sectorielle et territoriale partagée. Une telle représentation ne discrimine pas les enjeux spécifiques qui leurs sont propres de ceux du collectif. Elle les enferme dans des sous-ensembles dont la pertinence est forcément limitée au minimum commun.

Les groupes industriels ou grands acteurs institutionnels ont quant à eux les moyens d’une acquisition, d’une analyse et d’une exploitation de l’information qui sert leurs intérêts et leur stratégie. Quand le groupe Danone est par exemple victime d’un boycott de ses produits au Maroc, il a tous les moyens d’une analyse des forces contraires, qui lui permettent d’en déduire une stratégie de responsabilité sociale et de communication commerciale, qui sera menée par des moyens d’influence dûment pesés.

Ce n’est pas le cas général du sous-traitant du secteur aéronautique confronté à la concurrence de ses voisins, ou d’acteurs locaux du tourisme, fussent-ils organisés. Ces exemples peuvent être généralisés en France à peu près à tous les secteurs. C’est une problématique connue des organisations de taille moyenne. Ce n’est pas le cas en Allemagne, ou en Suède1 par exemple, ou l’agencement des acteurs privés et publics est fait traditionnellement, depuis le treizième siècle, de telle manière que les acteurs se soutiennent mutuellement dans leurs besoins d’informations, de moyens et de sécurité.

Quelles pistes

La culture économique étant ce qu’elle est, il est néanmoins possible aux organisations qui ont conscience de ces lacunes, de prendre des mesures organisationnelles et managériales pour faire face. Il s’agit d’accroître les moyens qui permettront d’augmenter les capacités à capter, analyser et exploiter l’information critique, celle qui permet de faire la différence. C’est bien cette catégorie d’information, qui détermine en fait la réussite de l’entreprise, en gagnant des délais, en précisant les critères d’arbitrage des décisions, en accroissant la portée d’anticipation des évènements qui impactent l’écosystème. Au total, c’est donc la compétitivité qui sera accrue, dans un monde où tout bouge toujours plus et plus vite.

L’intelligence économique, qui s’applique sur trois dimensions : acquisition d’information critique, sécurisation de cette information et usage stratégique, permet aux organisations de taille intermédiaire de retrouver une certaine autonomie stratégique, un espace de manœuvre.

Question organisationnelle

Certains voient ici une représentation théorique qui se heurte aux réalités des affiliations multiples des organisations (pôles de compétitivités, clubs locaux et autres) et aux liens d’intérêt dans lesquels ils sont enserrés.

Compte-tenu des moyens nécessaires, et donc de l’investissement à réaliser, un opérateur important peut et doit prendre la décision de mettre en place un système qui lui est propre, lorsqu’il se doit de préserver une certaine autonomie stratégique.

Mais la solution la plus opérationnelle, pour les organisations de taille moyenne, est de trouver la structure transverse qui permettra de mutualiser et porter un modèle efficient.

La clé d’une telle solution est la qualité du pilotage du système de gestion de l’information, qui doit correspondre à un processus sécurisé et performant. L’intelligence économique est une spécialité qui comporte plusieurs métiers. Si chaque organisation remplit naturellement pour elle-même des fonctions d’intelligence économique, aucune ne saurait le faire réellement de manière efficiente sans faire appel aux compétences des hommes de l’art.

Mettre en place un système efficient et sécurisé de veille, d’analyse et de gestion de l’information, pour formuler des synthèses d’aide à la décision et à l’influence communicationnelle ne s’improvise pas avec de la culture générale, même si celle-ci est essentielle pour s’adapter aux plus hauts niveaux d’expertise et décider.

Ne pas se tromper d’expertise

Aujourd’hui, compte-tenu des outils technologiques existants, la plateforme stratégique informatisée est certainement la meilleure solution, en interne à l’organisation, comme partagée en externe.

Mais il faut vérifier que ces outils sont bien au service des hommes, de l’organisation et de sa conception stratégique. Il faut donc être initié aux méthodes et aux concepts utilisés, pour vérifier les possibilités qu’ont les outils de répondre aux visées stratégiques.

Il existe trop souvent une confusion dans les termes entre intelligence commerciale, intelligence marketing, intelligence artificielle, intelligence économique et j’en passe. De même de nombreuses organisations s’équipent d’outils informatiques qui ont appellation de plateformes, mais dont les possibilités ne permettent pas forcément la possibilité de mise en place de véritables outils de veille sécurisés efficients.

En conséquence s’il n’est jamais simple, dans un monde concurrentiel et quand la ressource fait défaut, d’identifier les pistes d’un renouveau compétitif, cela ne saurait se faire sans être largement éclairé vers l’avant. La principale piste est donc de trouver l’organisation qui permette d’intégrer au meilleur degré possible les dimensions de l’intelligence économique. Ce qui permet tant d’anticiper les diverses adversités, que d’identifier les relais de croissance.






Il faut garder un œil sur la conjoncture mondiale, car elle impacte les écosystèmes #intelligence https://t.co/J7Aqlkn0R0 via @usinenouvelle

— Jean-François DELBOS (@DELBOSjf) 1 octobre 2018



1 « La Suède s’est assez tôt libérée du joug de la Hanse, mais elle a su en conserver l’approche méthodologique qui lui permit dans un premier temps de développer son commerce, et dans un second temps de nourrir son système d’intelligence économique. » (https://www.cellie.fr/2017/04/26/la-ligue-hanseatique-aux-origines-de-lintelligence-a-la-suedoise/)